Dans le district de Varsovie l'AK comptait environ 50 000 soldats dont 23 000 équipés et prêts au combat. Les unités manquaient d'armes et de munitions, en particulier après les avoir en partie transférées vers les forces à l'est, où le plan Tempête devait initialement être déclenché – la décision d'inclure Varsovie dans cette action militaire ne fut prise que le 21 juillet. Mis à part les soldats d'Armia Krajowa, d'autres se sont portés volontaires - y compris un certain nombre de Juifs libérés du camp de concentration dans les ruines du ghetto.
* Pro-gouvernement polonais en exil:
o Armia Krajowa, AK (Armée de l'Interieur)– env. 50 670 combattants
* Pro-Union soviétique:
o Armia Ludowa, AL (Armée populaire) (communiste) – env. 800 combattants
* Autres:
o Narodowe Siły Zbrojne, NSZ (Forces nationales indépendantes)- env. 500-600 combattants
o Szare Szeregi (les Rangs Gris, les scouts combatans)
o Żydowska Organizacja Bojowa, ŻOB (organisation de combat juive)
Les combattants polonais résistèrent jusqu'au 2 octobre soit 63 jours au total. Les pertes s'élevèrent à 18 000 soldats tués, 25 000 blessés et entre 160 000 et 180 000 civils tués. Du côté allemand 17 000 soldats furent tués et 9 000 blessés. Après leur capitulation, les soldats de l'AK, désarmés, obtinrent in extremis, sur ordre de Hitler, le statut de prisonniers de guerre et furent internés dans le Reich. La population civile, traumatisée et décimée par les épidémies, fut brutalement évacuée et parquée dans des camps de transit aux portes de la ville, puis en grande partie déportée, soit vers des camps de concentration, soit vers des camps de travail, les plus faibles étant abandonnés sans ressources.
L'ampleur de la bataille de Varsovie s'explique par l'engagement des insurgés qui, jusqu'à la fin septembre, comptèrent sur la progression des armées soviétiques massées en face de Varsovie, sur la rive droite de la Vistule, et sur l'aide aérienne des alliés occidentaux. Les Soviétiques n'intervinrent qu'après l'éradication complète des insurgés, en janvier 1945. Il était temps pour Staline de préparer l'après-guerre en Pologne. Les communistes savaient que les combattants polonais poursuivraient la lutte contre une nouvelle occupation russe, suite logique de l'invasion de la Pologne le 17 septembre 1939 par l'Armée rouge, aux termes du pacte germano-soviétique conclu le 23 août et en coordination avec les forces allemandes. En conséquence, la résistance polonaise était un obstacle majeur aux plans de Staline visant à dominer la région. C'est pourquoi les "libérateurs" préférèrent observer le massacre, prenant soin de bloquer l'accès aux munitions aux unités polonaises de l'Armée populaire (LWP - alliées de Soviétiques) pour qu'elles n'agissent pas de leur propre initiative face à la tragédie vécue par leurs compatriotes, se déroulant devant leurs yeux sur l'autre rive de la Vistule. C'est ce scénario varsovien que voulut éviter Leclerc à Paris, quand il persuada les Américains de marcher sur la capitale alors qu'ils avaient prévu de la contourner.
Durant les combats env. 25% de la ville ont été complètement détruits et après la fin des hostilités, sur ordre personnel de Hitler, 35% supplémentaires ont été systématiquement anéantis. Pendant le bombardement et le siège de la ville en septembre 1939, env. 10% des bâtiments furent détruits et encore 15% en 1943 suite à la liquidation du Ghetto de Varsovie. Au total, à la fin de la guerre la ville était rasée à hauteur d'environ 85% !